Au bac de français, en fin de première, l’épreuve écrite propose de choisir entre plusieurs exercices, dont le commentaire de texte. C’est souvent l’exercice qui inquiète le plus, parce qu’on a l’impression qu’il faut « trouver des idées ». En réalité, le commentaire obéit à une méthode précise : observer le texte, repérer des procédés, les interpréter, puis organiser ces interprétations autour d’une question. Voici cette méthode, étape par étape.
Les modalités de l’épreuve (durée, coefficient, exercices proposés selon la voie générale ou technologique) sont fixées par les textes officiels et peuvent évoluer : vérifiez celles de votre session sur education.gouv.fr ou auprès de votre professeur.
Ce que l’on attend d’un commentaire
Commenter, ce n’est pas raconter le texte avec d’autres mots (la paraphrase), ni réciter un cours sur l’auteur. C’est montrer comment le texte produit ses effets et pourquoi : quels procédés d’écriture l’auteur utilise, et ce qu’ils apportent au sens. Chaque remarque associe donc trois éléments : une citation, un procédé, une interprétation.
Étape 1 : lire et comprendre
Lisez le texte au moins trois fois, crayon en main.
- Le paratexte : auteur, titre de l’œuvre, date, éventuel chapeau introductif. Il situe le texte dans un genre et une époque.
- La première lecture : de quoi parle le texte ? Qui parle, à qui, où, quand ? Résumez-le en une phrase.
- Les lectures suivantes : repérez le genre (roman, poésie, théâtre, littérature d’idées), le registre (lyrique, tragique, comique, ironique, épique…), la structure (les mouvements du texte) et vos premières impressions.
Étape 2 : analyser les procédés
C’est le cœur du travail. Relevez au brouillon tout ce qui vous frappe, en vous aidant d’une grille d’observation :
- L’énonciation : pronoms, adresse au lecteur, point de vue.
- Le lexique : champs lexicaux, mots connotés, répétitions.
- La syntaxe : longueur des phrases, types de phrases (exclamatives, interrogatives), ponctuation.
- Les figures de style : comparaison, métaphore, personnification, anaphore, antithèse, hyperbole, gradation.
- Les temps verbaux et le rythme ; en poésie, la versification (mètre, rimes, enjambements).
Organisez vos relevés dans un tableau à trois colonnes. Exemple sur le premier vers d’un poème de Victor Hugo, « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne » :
| Citation | Procédé | Interprétation |
|---|---|---|
| « Demain, dès l’aube » | Indicateurs de temps en tête de vers, futur proche | Un départ décidé, presque urgent : le poète se projette dans une action fixée à l’avance |
| « à l’heure où blanchit la campagne » | Inversion du sujet, image de la lumière naissante | Un paysage paisible et lumineux, qui contraste avec la gravité que révélera la fin du poème |
Un procédé sans interprétation ne rapporte rien : demandez-vous toujours « quel effet sur le lecteur ? quel sens ? ».
Étape 3 : trouver la problématique
La problématique est la question à laquelle votre commentaire répond. Elle porte sur la singularité du texte : en quoi ce texte est-il original, comment fait-il ressentir quelque chose, comment défend-il une idée ? Exemples de formulations :
- « Comment ce poème transforme-t-il un simple voyage en hommage ? »
- « En quoi cette scène d’exposition est-elle aussi une scène de conflit ? »
- « Comment le narrateur rend-il ce personnage à la fois ridicule et inquiétant ? »
Une bonne problématique est une vraie question, qui ne se réduit pas à « oui » ou « non », et à laquelle vos relevés permettent de répondre.
Étape 4 : construire le plan
Regroupez vos interprétations en deux ou trois axes, chacun répondant à une partie de la problématique, et chacun divisé en deux ou trois sous-parties. Évitez le plan qui suit le texte ligne à ligne : le commentaire est organisé par idées. Les axes progressent, du plus évident au plus subtil. Exemple : I. Un voyage décidé et méthodique ; II. Une marche hors du monde ; III. Le dévoilement final d’un hommage.
Étape 5 : rédiger l’introduction et la conclusion
L’introduction comporte quatre temps :
- une amorce qui situe le texte (mouvement littéraire, thème, contexte) sans généralité vague ;
- la présentation du texte : auteur, œuvre, date, sujet ;
- la problématique ;
- l’annonce du plan.
La conclusion fait le bilan de la réponse à la problématique, puis peut proposer une ouverture pertinente (un autre texte, une autre œuvre sur le même thème).
Étape 6 : rédiger le développement
Chaque sous-partie est un paragraphe construit : une phrase qui annonce l’idée, puis des analyses (citation courte entre guillemets, procédé nommé, interprétation), puis une phrase de bilan. Entre les grandes parties, une transition résume ce qui a été montré et annonce la suite. Intégrez les citations dans vos phrases plutôt que de les aligner.
Gérer son temps
À titre indicatif, sur une épreuve de plusieurs heures, beaucoup de professeurs conseillent de consacrer une bonne partie du temps au brouillon (lecture, analyse, plan) et de rédiger directement au propre le développement, en gardant l’introduction et la conclusion rédigées au brouillon. Gardez toujours au moins un quart d’heure pour relire l’orthographe et les accords.
Les erreurs à éviter
- La paraphrase : redire le texte sans l’analyser.
- Le catalogue de procédés : nommer une figure sans dire son effet.
- Le plan linéaire qui suit le texte dans l’ordre.
- Les citations trop longues : quelques mots suffisent.
- Oublier la problématique en cours de route : chaque partie doit y répondre.
S’entraîner
La méthode s’acquiert par la pratique : un texte par semaine, avec au minimum le tableau d’analyse, la problématique et le plan détaillé. Rédigez entièrement un commentaire toutes les deux ou trois semaines.
L’oral du bac de français, avec ses explications linéaires, demande une méthode voisine : observer les procédés et les interpréter, mais en suivant cette fois le texte mouvement par mouvement. Quant aux réflexes du commentaire et de la dissertation (problématiser, construire un plan, argumenter avec des exemples), ils resserviront dès la terminale en philosophie : des fiches de notions et de méthode permettent de prendre de l’avance.
Pour organiser vos révisions sur l’année, un planning de révisions vous aide à répartir les textes et les entraînements.
Retrouvez nos ressources dans bac et nos fichiers de grammaire et de vocabulaire dans exercices de français.
En résumé
- Commenter, c’est montrer comment le texte produit du sens.
- Lecture attentive, puis tableau citation, procédé, interprétation.
- Une problématique sur la singularité du texte.
- Deux ou trois axes organisés par idées, jamais ligne à ligne.
- Introduction en quatre temps, paragraphes construits, conclusion avec ouverture.
Questions fréquentes
Quelle est la méthode du commentaire de texte ?
Lisez le texte plusieurs fois, relevez les procédés d’écriture et interprétez-les dans un tableau, puis formulez une problématique. Organisez vos interprétations en deux ou trois axes, rédigez une introduction en quatre temps, un développement en paragraphes et une conclusion.
Comment trouver une problématique de commentaire ?
Demandez-vous ce qui rend le texte singulier : son effet sur le lecteur, son intention, sa manière de traiter le sujet. Formulez-le en une vraie question, par exemple « Comment le poète transforme-t-il un simple voyage en hommage ? ». Vos relevés doivent permettre d’y répondre.
Combien de parties dans un commentaire ?
Deux ou trois axes, chacun divisé en deux ou trois sous-parties. Le plan est organisé par idées et non en suivant le texte ligne à ligne. Les axes progressent du plus évident au plus subtil.
Quelle différence entre commentaire et explication linéaire ?
Le commentaire, à l’écrit, organise l’analyse par grandes idées autour d’une problématique. L’explication linéaire, à l’oral, suit le texte dans l’ordre, mouvement par mouvement, tout en répondant aussi à une question d’ensemble.


